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Petits problèmes générationnels ?

Une porte d’entrée du nouvel investisseur est le constat ou le sentiment d’un pouvoir d’achat, actuel ou projeté, inférieur à celui d’employés plus âgés du même secteur. Or, on a souvent tendance à croire l’herbe plus verte ailleurs. Alors, que penser ?


Le pouvoir d’achat

Intuitivement, on pourrait penser que répondre à cette question est relativement simple : il suffit d’aller voir l’évolution du pouvoir d’achat publiée par l’INSEE[1]INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques.

Bonne nouvelle, nous avons fait cela pour vous :

Le pouvoir d’achat des Français selon l’INSEE (source)

Pour rappel, le pouvoir d’achat est conceptuellement le revenu (salaire ou autre) diminué des dépenses (alimentation, logement, etc.).

Revenons à notre graphique : Ouf ! Deux belles courbes croissantes ! Donc tout va bien. En plus, non loin de la source, il est indiqué que « le pouvoir des Français a été multiplié par 5 entre 1960 et 2018 », donc tout va vraiment bien !

Ah, mais attendez… Déjà, on est pas sûr de comprendre pourquoi il y a deux courbes… et ce qui est réellement mesuré par chacune d’elles. Par ailleurs, si l’on s’intéresse aux 10 dernières années – celles où la génération du nouvel investisseur a commencé à travailler – on remarque, qu’en moyenne, on est que légèrement au-dessus de 0% d’évolution du pouvoir d’achat des Français. Aïe.

En outre, cela soulève diverses questions : Est-ce que le logement, qui subit une forte évolution moyenne, est pris en compte ? A priori, oui… avec un poids relatif de 6%. Étrange, la pression financière du logement ne compterait qu’environ 6% dans le budget des ménages ? Ah, et si l’on est propriétaire, alors cela est considéré comme un investissement, donc exclu de cette mesure. Pourtant, si l’on prend l’exemple d’un jeune actif primo-accédant (qu’est potentiellement le nouvel investisseur), dont le pouvoir d’achat n’a que faiblement augmenté tandis que le prix du m² a augmenté significativement, s’il souhaite faire une acquisition et toutes choses égales par ailleurs, alors il va devoir s’endetter soit avec une plus forte mensualité, soit plus longtemps… Dans les deux cas, son pouvoir d’achat en est impacté. Est-ce mesuré ?

L’objectif de ce billet n’est pas de rentrer dans les détails techniques de ces calculs[2]Pour creuser le sujet, le lecteur pourra s’intéresser par exemple au livre de Philippe HERLIN « Pouvoir d’achat : le grand mensonge »., mais de pointer du doigt que, a priori, ce n’est pas chose si aisée que d’avoir une vision claire de l’évolution du pouvoir d’achat des Français, en particulier pour les jeunes actifs. D’autant que ce n’est pas le seul point noir au tableau…

Le système des retraites

Un autre sujet qui pourrait inquiéter le citoyen et donc en faire un futur nouvel investisseur, est le système de base des retraites.

Mais tout d’abord, on se doit un prélude à cette section : nous aimons nos anciens et nous nous intéressons que de surface à des aspects techniques d’une thématique qui est plus que cela.

Rappels

Ceci étant dit, rappelons à présent l’objectif de notre système des retraites : permettre aux retraités de recevoir une pension.

Ce système, obligatoire, fonctionne par répartition : cela signifie que les cotisations prélevées à un instant donné vont servir à financer les pensions de retraites des bénéficiaires.

Si la répartition entre les actifs et les inactifs est équilibrée, ce système fonctionne très bien. En revanche, s’il y a un déséquilibre, ce dernier devient mécaniquement problématique. Or, vous avez potentiellement entendu parler du « baby boom ».

Double booms

Le « baby boom » est, par définition, l’augmentation significative empirique du taux de natalité post-seconde guerre mondiale. Or, mécaniquement, cela induit un « papy boom » plus tard. Et, vous nous voyez venir : oui, si l’on en parle, bein, c’est qu’on est en plein dedans. On estime que cet effet va se répercuter sur la période 2006-2025. Sur le plan démographique, cela veut dire que l’on a déformé notre pyramide des âges. On pourra, grâce à l’INSEE toujours, s’amuser à observer son évolution au fil du temps ici. En particulier, on pourra suivre sur ce dernier, à l’image d’une vague, la montée de l’engorgement du « baby boom ».

En guise d’illustration, ci-dessous l’évolution de cette pyramide entre 1950 et 2020 qui met en exergue ce déséquilibre du ratio actif/inactif :

Pyramide des âges Française, entre 1950 (à gauche) et 2020 (à droite)

Déséquilibre du système

Cette répartition démographique est l’un des facteurs qui fait que le système des retraites a versé et continue de verser beaucoup d’encre. Des litres, en fait. On dit « l’un des effets », car c’est en effet un phénomène multifactoriel, puisqu’une autre de ses variables est l’allongement de la durée de vie, ce qui n’arrange pas notre équation[3]Il s’agit même du principal problème selon Didier Blanchet (source).

L’on comprend alors que le C.O.R. (Conseil d’Orientation des Retraites) a répondu par la négative lorsqu’on lui a demandé si le système des retraites était durable, ce qui a amené en 2010 une série de réformes. Et d’indiquer plus récemment que « Le système des retraites ne renouera pas avec les équilibres financiers avant le milieu des années 2030. » selon le rapport annuel de 2021 du C.O.R. relayé par lemonde.fr ici.

Quoi qu’il en soit, ce système de répartition fait peser sur les individus actifs – pas assez nombreux – une pression plus ardue pour maintenir stables les pensions des inactifs, à moins de recourir à l’endettement.

Le nouvel investisseur a très certainement cela en tête, ce qui l’amènera à prévoir sa propre retraite et renforcera certainement sa motivation à gagner en diversité de revenus.

« Et c’est pas fini »

Le nouvel investisseur s’est potentiellement également interrogé sur les taux négatifs. L’inflation. La faillite des États (crise de la dette Grecque) ou plus généralement leur niveau d’endettement qui est à mettre en parallèle avec des perspectives de croissance nuageuses. Le risque systémique (subprimes de 2007-2008). Le post-mortem des trentes glorieuses. L’écologie et en particulier la raréfaction des ressources et du virage économico-sociétal que cela peut engendrer. La pression fiscale dans un contexte où certains services publics semblent s’affaiblir (pandémie & lits hospitaliers). La place de la France dans l’équation internationale (bye-bye notre contrat de sous-marins pour l’Australie). Les conflits (Russie & proxy Ukrainien), … [4]Désolé, nous n’avons plus d’encre.

Conclusion

Bref, loin de nous l’idée d’être alarmistes mais on l’aura compris : les sujets d’inquiétudes sont légion et tous ont un impact direct ou indirect sur la situation financière des citoyens.

Dans ce contexte, le (futur) nouvel investisseur semble avoir une approche saine du sujet en cherchant à diversifier ses sources de revenus de façon à diminuer le risque de perte de son pouvoir d’achat et/ou s’assurer des compléments de revenus pour sa retraite.

Sources

https://www.insee.fr/fr/statistiques/4277695?sommaire=4318291
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4797630?sommaire=4928952
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2830244
https://fr.wikipedia.org/wiki/Papy-boom
https://www.populationpyramid.net/fr/france/1950/
https://www.insee.fr/fr/outil-interactif/5014911/pyramide.htm
https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/06/07/retraites-un-deficit-2020-revu-a-la-baisse_6083259_823448.html
https://controverses.minesparis.psl.eu/public/promo10/promo10_G1/index411e.html

Crédit photo de mise en avant : Ron Lach – Pexels.com

References
1 INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques
2 Pour creuser le sujet, le lecteur pourra s’intéresser par exemple au livre de Philippe HERLIN « Pouvoir d’achat : le grand mensonge ».
3 Il s’agit même du principal problème selon Didier Blanchet (source)
4 Désolé, nous n’avons plus d’encre.

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